Wimbledon, pourquoi ce tournoi fascine-t-il autant ?

La quinzaine londonienne bat son plein en ce moment et déjà de nombreuses têtes de série se sont pris les pieds dans le gazon de Wimbledon. Tsitsipas… Thiem… Wawrinka… Vondrousova… Sabalenka, ne rentreront pas cette année dans le cercle très fermé des membres du « All England Club ». Un titre réservé aux vainqueurs du tournoi.

Comment ce Grand Chelem enclavé entre Roland-Garros et l’US Open a-t-il construit sa légende ? Voici des éléments de réponse :

Le dernier Grand Chelem à se jouer sur gazon

Le gazon est la plus ancienne surface de la discipline. À une époque que je n’ai moi-même pas connu, (c’est-dire si c’était il y a très longtemps… ;)), trois grands chelems sur quatre se jouaient sur gazon, seul Roland Garros faisait exception à la règle en se jouant sur terre battue. Pourtant aujourd’hui, sur le circuit ATP il n’y a que 5 semaines où les joueurs peuvent évoluer sur cette surface. Les couts d’entretien des terrains sont tellement élevés que les organisateurs des tournois préfèrent s’orienter vers des surfaces moins onéreuses telles que le dur. Wimbledon n’a pas ce genre de problème et reste donc le point culminant de la très courte saison sur gazon.

Il est le plus vieux du tournoi de tennis au monde

Aujourd’hui encore, si les trois autres Grand Chelem sont organisés par les Fédérations nationales du pays où le tournoi a lieu, Wimbledon lui reste géré par une structure privée. Il est en réalité un club de sport, le « All England Lawn Tennis and Croquet Club ». Ce club compte 500 membres qui, cinquante semaines par an, ont le droit de jouer sur les terrains. C’est en 1877 que le premier tournoi est joué. Les raisons de l’organisation de ce tournoi ? Il fallait trouver des fonds pour financer les réparations d’un rouleau agricole pour l’entretien des courts ! Depuis le tournoi, ne cesse de se moderniser, avec la présence depuis cette édition d’un 2èmecourt équipé d’un toit amovible qui permet de pouvoir continuer de jouer même par temps de pluie.

Le seul tournoi du Grand Chelem soumis à un « dress code »

Lorsque Wimbledon arrive, Rafael Nadal peut mettre au placard ses tenus verts fluo et ses chaussures multicolores, car ici, c’est blanc…rien que blanc ! Et même jusqu’au shorty sous les jupes des filles ! À l’origine cette couleur avait été choisie par les joueurs car elle permet de masquer les taches de transpiration, ce n’était pas du tout imposé par le tournoi. C’est le « All England Tennis »  qui imposa ce « dress code » à partir de 1963. Si les joueurs veulent être autorisés à rentrer sur le court, ils sont dans l’obligation de se présenter en tenue blanche, de A à Z et les sponsors doivent faire valider auprès du tournoi, la tenue du tennisman 90 jours à l’avance ! Serena Williams doit en passer du temps en essayage avec Nike avant d’envoyer sa tenue pour validation 😉

Parce que Federer y a construit sa légende

Quand on parle de tennis, on pense naturellement à Roger Federer et il a fait du gazon de Wimbledon son terrain de jeu favori. Il a construit sur le Center Court du tournoi londonien son titre du « plus grand joueur de tous les temps ». Tout d’abord en 2001, Roger alors âgé de seulement 19 ans, confirme tous les espoirs placés en lui en battant en 5 sets Pete Sampras le maître des lieux en huitième de finale. Puis en 2003 en remportant le premier Grand Chelem de sa carrière. Roddick… Nadal… Murray… tous ces grands joueurs ont subi à un moment de leur carrière la foudre du Suisse en finale du tournoi. En 20 participations, l’Helvète a atteint 11 fois la finale et il s’est imposé à 8 reprises, un record. 

Le théâtre du plus grand match de tous les temps

Parmi les duels opposant les plus grands champions de leur temps, on retient le face-à-face mémorable de la finale de 1980, entre Björn Borg et John McEnroe et notamment grâce au tie-break du quatrième set. Mené deux sets à un, McEnroe parvient à faire chuter le Suédois dans le jeu décisif, 18-16, au bout de 22 longues minutes. Mais Björn Borg ne perd pas son sang-froid et remporte le dernier set pour s’adjuger le titre. Mais s’il fallait ne retenir qu’un match parmi toutes les rencontres d’anthologies que Wimbledon a vu se dérouler sur son gazon, il s’agirait sans aucun doute de la finale de 2008 entre Federer et Nadal.

Ce 6 juillet 2008, les deux joueurs font leur entrée sur le Center Court à 14h30. Le début du match a été retardé d’une demi-heure par la pluie. Alors que le Suisse n’a pas perdu le moindre set de la quinzaine, il se retrouve mené par le Majorquin 2 sets à rien. Remonté un tel handicap en finale de Wimbledon n’est pas arrivé depuis 1927 ! À 5-4 dans le troisième set en faveur de Roger, les deux joueurs sont stoppés par la pluie. Une interruption d’1h20, qui va permettre à Federer de se remettre les idées en place. Il remporte le tie-break et revient à une manche de l’Espagnol.

Dans le quatrième set, nouveau jeu décisif et c’est à ce moment-là, que la rencontre a basculé dans une autre dimension. Au terme d’un tie-break à couper le souffle dans lequel Roger efface deux balles de match, dont la deuxième sur un passing de revers qui est entré dans la légende, Federer égalise à deux sets partout. Il est 19h30…

À deux jeux partout dans le 5èmeset, nouvelle averse, et nouvelle interruption d’une demi-heure ! Le Center court n’est pas encore équipé d’un toit, et l’obscurité commence à tomber, mais il faut pourtant pour les deux joueurs repartir au combat. À 7 jeux partout, c’est Rafa qui parvient le premier à faire le break. Il est 21h16, cela fait 4h48 que les deux joueurs sont sur le court et sur un dernier coup droit dans le filet, Roger Federer envoi l’Espagnol au 7èmeciel ! Après avoir échoué deux années de suite en finale, le Majorquin peut soulever le trophée. Ce match marquera à jamais la carrière de ces deux immenses champions. C’est la plus longue finale à ce jour du tournoi…le match considéré par certains (et j’en fais parti ;)) comme le plus grand match de tennis de tous les temps.

Laisser un commentaire